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Quinze mesures pour l’art : Frédéric Mitterrand encourage la professionnalisation des artistes

Magali Lesauvage 11 octobre 2011

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A un peu plus de six mois des élections présidentielles – et un très probable remaniement ministériel, quelle qu’en soit l’issue – Frédéric Mitterrand, ministre de la Culture et de la Communication, présentait aujourd’hui rue de Valois « quinze mesures en faveur des arts plastiques ». Revue de détail.

Quelques jours après avoir annoncé un budget 2012 de la Culture en légère hausse – dont une part réservée à l’art actuel fixée à 69 millions d’euros (soit moins d’1 % d’un budget total de 7,4 milliards d’euros, et environ dix fois moins que la part accordée au spectacle vivant) –, Frédéric Mitterrand affirmait ce matin 11 octobre qu’« un budget n’est pas tout », dénonçant au passage « certaines promesses assez anachroniques d’augmentation massive faites dans un contexte pré-électoral » – celles notamment de Martine Aubry, candidate aux primaires socialistes, qui proposait il y a quelques mois une augmentation de 30 à 50 % du budget de la Culture sur cinq ans.

Evoquant l’augmentation des crédits d’intervention, destinés à soutenir, entre autres, la réouverture du Palais de Tokyo ou Monumenta, ainsi que celle des crédits réservés aux FRAC et centres d’art en région, le ministre omettait cependant de signaler la baisse de 3,7 millions d’euros (soit un peu plus de 5 %) de l’enveloppe globale allouée aux arts plastiques par rapport à l’année dernière…

Vers la professionnalisation de l’art

Ces mesures en faveur des arts plastiques sont guidées par l’idée d’une « interdépendance entre tous les acteurs de l’art » et la nécessité d’une meilleure visibilité des artistes et d’une communication améliorée entre les différents « mondes de l’art ». Premier objectif, qui fait suite au constat de la précarité des artistes : la « professionnalisation des arts plastiques », et avec elle l’idée, assez inattendue, de la « rémunération pour présentation des œuvres au public d’artistes vivants », à trouver « dans les comptes des institutions concernées » : dorénavant, un artiste exposant dans un FRAC ou un centre d’art serait donc payé pour cela, tel un prestataire… Autres mesures allant dans le sens de la professionnalisation, des expositions de travaux d’étudiants diplômés organisées en liaison avec le milieu professionnel, ou la construction d’ateliers.

Deuxième volet, l’action du ministère envers le marché de l’art. Un fonds de « coproduction » pour les galeries, doté de 100.000 euros en 2011, puis 500.000 euros en 2012, fonctionnerait comme un système d’avances remboursables – sur le modèle des avances sur recettes du Centre national du Cinéma. En ce qui concerne l’action de décentralisation, le Fonds national d’art contemporain consacrera jusqu’à un tiers de ses acquisitions à des achats proposés par des établissements en région, et le Palais de Tokyo devrait mettre ses espaces à la disposition de l’un d’entre eux une fois par an.

Autre point délicat, celui de la diffusion de l’art français à l’étranger. Pour cela, Frédéric Mitterrand propose d’« investir l’espace numérique », avec notamment un « plan traduction » doté d’un million d’euros, pour la mise en ligne, en anglais, de revues de sciences humaines et des « meilleurs articles de la critique d’art française ». Les échanges entre artistes, professeurs, galeristes et commissaires d’expositions français et étrangers seraient par ailleurs renforcés.

Dernière mesure phare, un « 1 % Grand Paris », « mutualisé, intercommunal, élargi aux pratiques sociales et à la construction d’équipements conçus par des artistes », sur le modèle d’EVENTO à Bordeaux. « Les sommes qui pourraient être dégagées par ce genre de dispositif sont très importantes, elles sont à la mesure de ce qu’il faut pour ce secteur de premier plan », rappelle Frédéric Mitterrand. Autre avantage, elles ne seront pas toujours à la charge de l’Etat.

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