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A Toulouse, l’éclosion du Printemps de septembre 2011

Magali Lesauvage 28 septembre 2011

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Toulouse accueille du 23 septembre au 16 octobre la 21e édition du Printemps de Septembre, avec une vingtaine d’expositions réparties dans toute la ville et en périphérie.

« Pollution massive à la peinture », titrait vendredi 23 septembre le quotidien La Dépêche du Midi, suite au rejet massif et inexpliqué d’un liquide blanc opaque dans la Garonne. Aucun rapport ici avec le Printemps de Septembre à Toulouse, manifestation pluridisciplinaire annuelle, même si on peut constater la présence invasive (et c’est tant mieux !) du médium pictural dans le parcours dessiné par la directrice artistique Anne Pontégnie. Cette 21e édition, sous-titrée D’un autre monde et placée sous le signe de « l’expression, et non de la représentation », privilégie, nous dit-on, « les sensations et les émotions plus que le langage et les images ».

Interstices picturaux

Cœur du festival, l’exposition, toute en maîtrise, du musée des Abattoirs convoque une petite quinzaine d’artistes dont les œuvres prennent pour point de départ la peinture, mais ne se réduisent pas toujours à celle-ci. Les œuvres s’alignent dans les salles entourant la nef centrale du bâtiment, jusqu’à son chœur, où trône le gigantesque (8 mètres sur 13) rideau de scène du Quatorze Juillet, pièce de Romain Rolland, peint par Picasso. De part et d’autre de ce manifeste, l’Américain Josh Smith a disposé deux immenses toiles portant son nom, version contemporaine des caprices égotistes qui parsèment l’histoire de l’art depuis l’avènement de la signature, à la Renaissance. Avec un tel artiste tutélaire présidant ainsi à la table des débats esthétiques, la question demeure : comment peindre, alors que tout semble avoir été fait, tous les sujets épuisés, jusqu’au stade même du néant ?

C’est dans les interstices qu’ont laissés les grands maîtres que les artistes contemporains trouvent une réponse. D’où une certaine position de retrait, voire de timidité, que l’on retrouve dans l’expo des Abattoirs. De Christopher Wool et ses grandes toiles brossées de gris, à William Pope.L, peignant la surface sphérique d’oignons, en passant par la jeune Klara Lidén et ses peintures en négatif, les toiles cousues de Sergej Jensen ou le mandala étale de Karla Black (une surface de sable parsemée de rectangles monochromes), l’art en deux dimensions signale sa présence par touches subtiles. Réveillant la conscience quelque peu engourdie du spectateur, les collages hétéroclites d’Isa Genzken ou les tableautins facétieux de Paul Thek apportent une dose salutaire d’autodérision.

Des face-à-face multiples

Passons sur les peintures expressionnistes de Josh Smith présentées à l’Espace EDF-Bazacle ou sur celles, naïves, de Sophie von Hellermann à l’Espace Ecureuil, place du Capitole, pour évoquer les œuvres qui sortent du champ de la peinture. Au Musée des Augustins, écrin délicieusement suranné du Toulouse millénaire, les masques massifs du Britannique Thomas Houseago dialoguent savamment avec les gargouilles brutales du cloître médiéval, et font lointainement écho au projet de Simon Starling, aux Jacobins, intitulé Project for a masquerade (Hiroshima), lui-même associé à une mini-rétrospective consacrée à l’un des fondateurs de la danse butô, Tatsumi Hijikata. Au Lieu Commun, on conseille de monter directement au premier étage pour voir les toiles de Dominique Figarella, adepte du sampling pictural, qui résonnent bien avec les sculptures équilibristes de Sarah Tritz.

Quelques bonnes surprises vidéo sont à dénicher ici et là. A l’étage de l’Espace Croix-Baragnon, un triptyque vidéo de Wim Catrysse plonge le visiteur dans l’enfer jaune d’un cratère volcanique libérant des fumées sulfureuses, tandis que Luke Fowler s’attache à amplifier des sons inaudibles. Il faut par ailleurs aller jusqu’au centre d’art de Colomiers, à une dizaine de kilomètres de Toulouse, pour voir un très beau film du jeune artiste franco-allemand Edouard Baribeaud, parti au Brésil mettre en images un songe de tropiques, de musique et de saint chevalier. Une belle démonstration de la pratique artistique comme rêve devenu réalité. Preuve qu’un « autre monde » est possible.

A suivre également, les Soirées nomades de la Fondation Cartier pour l’art contemporain, avec notamment Claudia Triozzi, Joris Lacoste, Marlene Monteiro Freitas, Xavier Le Roy, Pierre Bastien, This is The Hello Monster ! et la Radio du bout de la nuit animée par Jean-Yves Jouannais et le Chevalier de Rinchy.

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