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A Lyon, une Biennale d’une noirceur réjouissante

Magali Lesauvage 20 septembre 2011

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La 11e Biennale de Lyon, sous-titrée « Une terrible beauté est née », est une manifestation à la tonalité sombre, désenchantée, voire apocalyptique. A parcourir le cœur léger.

Une Biennale, c’est un univers en soi à explorer, une infinité de ramifications produites par la juxtaposition de dizaines d’œuvres. Ce qui semble décourageant au premier abord peut se révéler, selon les savoirs et sensibilités de chacun, un cheminement passionnant pour le visiteur, rebondissant tel une boule de flipper d’une œuvre à l’autre, jusqu’à s’arrêter sur l’une d’entre elles.

Près de 80 artistes, des centaines d’œuvres réparties sur des milliers de mètres carrés : à Lyon, il est difficile d’imposer un parcours et une vision de cette Biennale âpre et sombre concoctée par la commissaire d’exposition argentine Victoria Noorthoorn. A l’image de son catalogue (qui n’est d’ailleurs pas appelé « catalogue », mais « livre », car il ne se veut pas une compilation de textes explicitant les projets les uns après les autres), la 11e Biennale de Lyon ne propose pas de trajet balisé répondant au solutionnement d’une question posée, dont on connaîtrait d’avance la réponse, mais plutôt comme une succession d’émotions esthétiques réunies par cette idée de « terrible beauté » qui lui donne son titre.

Visions apocalyptiques

Dans les amples espaces blanchis de la Sucrière, au confluent de la Saône et du Rhône, dans les salles trop lisses du Musée d’Art contemporain (MAC), au sommet du Parc de la Tête d’Or, à la Fondation Bullukian, place Bellecour, ou dans la somptueuse friche industrielle de l’usine T.A.S.E., à Vaulx-en-Velin, l’ambiance est à l’effroi, à la terribilità et au désenchantement. Contrastant singulièrement avec les bons sentiments de la Biennale de Lyon précédente, en 2009, celle-ci offre plusieurs visions apocalyptiques d’une réjouissante noirceur.

Ainsi à la Sucrière, l’installation de l’Argentin Eduardo Basualdo (l’un des nombreux artistes sud-américains invités à cette Biennale), El Silencio de las sirenas, lac primordial absorbant puis régurgitant un liquide rougeâtre, ou la pièce minimaliste de Samuel Becket, Breath, suggèrent des visions de fin du monde. Certaines œuvres comme celles-ci nous arrivent en pleine figure, d’autres nous laissent au pied du mur. C’est le long de celui de Jérusalem que l’artiste sud-africaine, Tracey Rose, joue l’hymne national israélien, le corps peint en rose, à ses risques et périls.

L’art peut-il déplacer des montagnes ? Non, affirme la Brésilienne Laura Lima, qui harnache un homme nu, tirant inutilement sur des cordes arrimées aux piliers de la Sucrière. Une métaphore de la contrainte des corps que l’on retrouve au MAC, où la jeune Tchèque Eva Kotatkova dispose ses fascinants modèles de machines rééducatrices (The Re-education Machine).

Faire de l’art, c’est aussi se confronter à la matière, mettre à la main à la pâte, semble nous dire Guillaume Leblon dans une vidéo où l’artiste patauge dans la glaise qui inonde son atelier. Métaphore du cerveau créatif de l’artiste, celui-ci est un monde en soi, à la fois clos sur lui-même et ouvert à tous les possibles, comme l’est cette incroyable chambre fictionnelle bâtie par le Polonais Robert Kuśmirowski, Stronghold, dont on n’aperçoit l’intérieur, jonché de livres, que du dessus.

Appels d’air

Souvent, dans cette Biennale, on cherche l’air. Lorsque Cildo Meireles, au MAC, déploie 3000 kilomètres de fil de laine s’échappant d’un balai (l’œuvre se nomme La Bruja, « La Sorcière »), le visiteur est pris dans un maelström arachnéen, angoissant pour les uns, rassurant pour les autres. Heureusement quelques touches de légèreté éclairent la Biennale : ainsi le modèle de planeur lancé par Ernesto Ballesteros, les boules de céramique traînées par Katinka Bock, qui prennent la forme de leur environnement, ou les subtils dessins de mots de Bernardo Ortiz. A l’usine T.A.S.E., le jardin à la française reconstitué par Jorge Macchi crée un véritable appel d’air dans ce chantier monumental, impressionnant par la majesté de ses proportions, qui répondent aux rectangles de gazon soigneusement dessinés.

Mais la Biennale ne fait pas (seulement) dans la grandiloquence. Pour preuve, la grande quantité de dessins et d’œuvres ténues, ne tenant qu’à un trait ou à un fil, voire à un mot (notamment ceux d’Augusto de Campos occupant les murs comme autant de graffs poétiques) : portraits muets de Marlene Dumas face à ceux, filaires, de Giacometti, protubérances formelles de Marina De Caro, masses chevelues d’Elly Strik, Dessins acoustiques de Milan Grygar ou Storyboard pointilliste d’Alexander Schellow. Une série de points que chacun peut relier entre eux afin de former sa propre histoire — à l’image de cette Biennale, réseau d’œuvres ouvrant des perspectives multiples.

11E BIENNALE DE LYON

15/09/2011 > 31/12/2011

Musée d’Art Contemporain de Lyon (MAC Lyon)

LYON

Le titre de la prochaine Biennale de Lyon, Une Terrible Beauté Est Née, est extrait du poème Pâques, 1916 de W.B. Yeats. Composé en sep...

Exposition terminée
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