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A Venise, le monde sans pitié de François Pinault

Magali Lesauvage 26 août 2011

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Tandis que la 54e Biennale de Venise bat son plein, la Fondation François Pinault (dédoublée en deux lieux, le Palazzo Grassi et la Punta della Dogana), fête ses cinq ans avec deux expositions visuellement très efficaces, oscillant entre pessimisme et optimisme. Compte-rendu.

Cinq ans après avoir décidé de jeter l’ancre aux pontons de Venise plutôt qu’à ceux de l’île Seguin, à Boulogne-Billancourt, vexée par la complexité administrative et le manque d’enthousiasme des autorités culturelles françaises, la Fondation François Pinault a inauguré au début de l’été, en même temps que la Biennale d’art contemporain, une nouvelle série d’expositions.

Amarrée aux rives du Grand Canal, en deux lieux aussi somptueux l’un que l’autre et distants de quelques encablures, la prestigieuse collection d’art contemporain du milliardaire François Pinault est devenue, avec plus d’1,3 millions de visiteurs depuis 2006, un détour obligé dans le parcours pourtant déjà bien chargé du touriste amateur d’art — et à Venise, comment ne pas l’être ? Du Palazzo Grassi, quadrilatère rose bonbon bâti au XVIIIe siècle, à la Punta della Dogana (en français, la Pointe de la Douane), qui darde son globe doré à l’extrémité du Dorsoduro, face à la Piazza San Marco, un jet de vaporetto permet de rejoindre l’un et l’autre.

Chacun abrite une exposition (jusqu’au 31 décembre 2011), pensée par la commissaire Caroline Bourgeois (ex-directrice du Plateau/FRAC Ile-de-France), qui sont comme les deux versants d’une même personnalité à l’état d’âme instable. Au Palazzo Grassi, l’optimisme est de mise avec Le Monde vous appartient, tandis que la Punta della Dogana fait L’Eloge du Doute.

Sobriété et fantaisie

Débutant par cette dernière, on peut admirer un parcours serré, dense et d’une grande cohérence, avec des œuvres dont la sobriété esthétique est en parfaite adéquation avec la sévérité de l’architecture utilitaire de ces anciens bureaux douaniers. De la belle juxtaposition de sculptures minimales de Donald Judd, à la série de gisants en marbre de Maurizio Cattelan, en passant par les subtiles peintures architecturées de Julie Mehretu, la voiture en terre carbonisée d’Adel Abdessemed, les organes en verre de Chen Zhen, ou les structures absurdes de Tatiana Trouvé, il y est question de destruction et de passage du temps.

Au Palazzo Grassi, archétype du baroque finissant, place à une certaine fantaisie (même si on rit plutôt jaune) et aux débordements en tous genres avec Le Monde vous appartient. L’artiste portugaise Joana Vasconcelos y déploie Contamination, assemblage délirant de formes en tissu. A voir également, les arbres sculptés dans la poudre à canon de Loris Gréaud, les peintures de torture d’Ahmed Alsoudani, ou la sculpture murale de Farhad Moshiri, Life is beautiful, réalisée avec des couteaux. Le monde certes nous appartient, mais c’est un monde sans pitié.

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