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Anna Maria Maiolino, artiste du silence à découvrir au Plateau

Magali Lesauvage 4 juillet 2011

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L’exposition collective Nul si découvert, au Plateau, à Paris, met en exergue Anna Maria Maiolino, une artiste peu montrée en France, qui jouit pourtant d’une reconnaissance internationale. Une belle découverte.

Nul si découvert, quatrième et dernier opus de la série Erudition concrète pensée par le commissaire Guillaume Désanges pour le Plateau – FRAC Ile-de-France, est sans doute la plus compréhensible, la plus évidente, et donc la plus réussie de ce cycle débuté en septembre 2009. Prenant pour point de départ la notion paradoxale de disparition liée à la découverte, c’est une exposition en clair-obscur, dans laquelle le visiteur, perturbé par un éclairage contrasté et une certaine dramaturgie de l’accrochage, est pris au piège de ses doutes et de ses certitudes, dans un jeu de cache-cache avec le réel.
Véritable petite exposition en soi, la toute dernière salle du parcours sinueux qu’emprunte le visiteur du Plateau permet de découvrir à travers dessins, photographies et vidéos l’œuvre d’Anna Maria Maiolino. Artiste d’origine italienne installée au Brésil depuis 1960, celle-ci fêtera ses soixante-dix ans l’an prochain. Plaçant son corps au cœur de son œuvre, Anna Maria Maiolino en a fait l’instrument d’une discrète contestation politique, notamment face au régime militaire brésilien. On se trouve là au croisement de la performance, d’un certain féminisme et d’une recherche exigeante de la forme plastique.

L’art du silence

Le silence est le mode d’expression privilégié d’Anna Maria Maiolino, sa manière paradoxale de traiter du langage. Ainsi dans la vidéo In-Out (Antropofagia) (1973), l’artiste filme sa bouche en gros plan et fait glisser entre ses lèvres des fils de différentes couleurs, symboles d’une parole contenue et diffusée de manière muette. Dans certaines photographies, on la voit tenant une paire de ciseaux ouverte sur sa langue, dans d’autres, son visage est contraint par des bandes de tissu, la ramenant au statut d’objet.

La tentation de la disparition est primordiale dans le travail d’Anna Maria Maiolino, qui se situe à la lisière entre vie et mort, retrait et survie, éclosion et implosion. Dans la performance Entrevidas (1981), on voit une femme marcher pieds nus sur des pavés constellés d’œufs. Un poème du même nom évoque le « territoire miné de la fragilité de la vie »et « la menace de la mort dans le faux-pas qui l’écrase »

D’une grande poésie, oscillant entre l’intime et l’universel, l’œuvre d’Anna Maria Maiolino (dont on peut voir actuellement une rétrospective à la Konsthall de Malmö, en Suède, jusqu’au 21 août 2011) affirme la présence de l’artiste en creux. Comme une fragrance fragile ou une peinture antique, elle semble prête à s’évaporer si elle est mise à jour. Indispensable, donc.

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EXPOSITION NUL SI DECOUVERT

au Plateau – FRAC Ile-de-France (Paris)

du 9 juin au 7 août 2011

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