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Monumenta : Anish Kapoor ouvre les portes de la perception

Magali Lesauvage 9 mai 2011

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Pour sa quatrième édition, Monumenta convie au Grand Palais l’artiste Anish Kapoor, artisan du sublime et de l’immersion sensorielle. Un projet encore tenu secret, à découvrir à partir du 11 mai.

Pas facile pour un artiste de se confronter à un espace comme celui du Grand Palais… L’immense voûte de verre, qui n’offre entre la terre et le ciel qu’une fine dentelle de métal, a vu se succéder depuis 2008, à l’occasion de Monumenta, les œuvres de trois artistes contemporains mondialement reconnus : les mélancoliques autels de béton de l’Allemand Anselm Kiefer, les massives courbes de métal de l’Américain Richard Serra, puis l’an passé le lugubre amas de vêtements animé par la grue apocalyptique de Christian Boltanski.

Pour sa quatrième édition, Monumenta a été confiée par le Ministère de la Culture à l’artiste britannique d’origine indienne Anish Kapoor, né en 1954 à Bombay. Concepteur de la tour métallique ArcelorMittal Orbit qui doit marquer le paysage londonien à l’occasion des Jeux Olympiques de 2012, Kapoor est partout, déployant ses projets monumentaux du Guggenheim Museum de Bilbao à l’Institute of Contemporary Art de Boston, en passant par la Royal Academy de Londres.

Repoussant à l’extrême les limites de la perception, l’artiste travaille depuis une trentaine d’années à tester les capacités sensorielles du spectateur. « Chaque œuvre est avant tout un événement », affirme Anish Kapoor. Entre sculpture et installation, ses œuvres parlent aux sens et à leurs concordances. Tentation du toucher dans les premières œuvres, des monticules réalisés à partir de pigments de couleurs vives, jusqu’aux plus récentes réalisations en épaisse cire rouge. Absorption dans des espaces pluridimensionnels avec ses sculptures de miroirs courbes, comme le fameux Cloud Gate de Chicago. Effets d’optique jouant sur la perturbation entre convexe et concave, vide et plein, intérieur et extérieur, absence et présence.

« Un seul objet, une seule forme, une seule couleur »

Le projet de l’artiste pour Monumenta 2011 s’intitule Leviathan, titre-programme qui laisse penser qu’Anish Kapoor, passionné par la notion de sublime chère aux philosophes du XVIIIe siècle, marquera comme ses prédécesseurs d’un geste fort, quasi démiurgique, l’espace gigantesque qui lui est imparti. Face à un tel défi, l’artiste a souhaité créé une œuvre comme « un seul objet, une seule forme, une seule couleur ».

Jusqu’à l’ouverture de la manifestation au public le 11 mai prochain (pour six semaines seulement, jusqu’au 25 juin), le projet d’Anish Kapoor reste encore un mystère… D’après Jean de Loisy, commissaire de l’événement, « un soin très particulier est apporté à la réalisation technique de l’ouvrage (qui) correspond au souci de donner la sensation que l’objet est généré par sa propre énergie, comme produit par la nature, et qu’il s’est développé en dehors de la main de l’artiste ». Celui-ci doit générer « une résonance inhabituelle des formes et de la couleur choisies pour créer en nous un écho organique ou mental, un en deçà de la raison (…), une partie archaïque de nous-mêmes qui, lors de cette rencontre particulière, nous enseigne ce que nous sommes et surtout d’où nous venons ». Une expérience qui s’annonce mémorable.

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MONUMENTA 2011 ANISH KAPOOR

dans la Nef du Grand Palais (Paris)

du 11 mai au 23 juin 2011

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