Votre action a été enregistrée avec succès !



LA NEWSLETTER

Année des Outre-mer : quelques rendez-vous

Magali Lesauvage 15 mars 2011

Share on FacebookTweet about this on TwitterGoogle+

L’Année des Outre-mer aurait pu être l’occasion de mieux faire connaître les cultures ultramarines, d’une grande diversité, qui, si elles sont de fait rattachées à la République française, restent mal connues en métropole. Passage en revue d’une programmation très restreinte d’expositions.

Alors que la France annonçait officiellement l’annulation de l’Année du Mexique, la semaine passée a vu l’inauguration de l’Année des Outre-mer, placée en particulier sous le signe de la littérature, mais aussi des arts, du cinéma, du spectacle vivant, de la gastronomie ou encore du développement durable. Musées et lieux d’art de métropole et des DOM-TOM accueillent une sélection d’expositions assez restreinte — sans doute les arts des Antilles, de la Réunion, de Nouvelle-Calédonie, de Guyane ou encore de la Polynésie française auraient mérité plusieurs expositions dignes de ce nom dans l’un des grands musées de la France métropolitaine… On peut regretter également que des institutions telles que le Palais de Tokyo ou le Centre Pompidou n’aient pu faire un peu de place aux artistes contemporains issus de ces départements et territoires d’outre-mer.

Valorisation patrimoniale

Le musée du Quai Branly, à Paris, a certes décidé de mettre l’accent, à partir du mois de mai et jusqu’à décembre 2011, sur ses collections ultramarines avec un accrochage spécifique d’objets provenant de sept territoires d’Outre-mer déployés sur le plateau des collections permanentes, et en organisant une programmation d’événements interdisciplinaire (arts vivants, rencontres littéraires, colloque international « Exposer l’esclavage », conférences). Ainsi pourra-t-on retrouver les « spatules vomitives » des Antilles, utilisées lors du rituel chamanique de la cohoba, des « nattes à fourmis » de Guyane, employées lors du rite d’initiation maraké, les bambous gravés à herbes magiques de Nouvelle-Calédonie, ou encore des plats en porcelaine de luxe provenant de Mayotte.

Parallèlement, le musée Dapper convoque les créations caribéennes avec l’exposition Mascarades et carnavals (à partir du 5 octobre 2011) telles qu’elles apparaissent liées aux œuvres de tradition africaine.

Sous le signe de Césaire

Evénement artistique majeur de cette Année des Outre-mer, l’exposition Aimé Césaire, Lam, Picasso “Nous nous sommes trouvés“ au Grand Palais, à Paris (du 16 mars au 6 juin 2011) rappelle les glorieuses heures de la rencontre entre le grand poète martiniquais Aimé Césaire (qui cette année fait son entrée au Panthéon) et le peintre d’origine cubaine Wilfredo Lam, lors de l’escale que fit celui-ci à la Martinique en 1941, fuyant l’Europe en guerre. Placées sous les auspices du surréalisme et de Picasso en particulier, littérature et peinture, cultures européenne et caribéenne se mêlent ici pour rappeler quel fût, dans la France de l’immédiat après-guerre, ce grand moment de fécondité artistique. Un rendez-vous réussi entre des sensibilités a priori lointaines…

LES DERNIERS ARTICLES

AJOUTER UN COMMENTAIRE