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François Morellet : faire, défaire, refaire

Magali Lesauvage 22 février 2011

A l'âge de quatre-vingt cinq ans, François Morellet fait encore preuve d'une malice indéfectible. Pour la grande rétrospective que lui consacre cette année le Centre Pompidou, l'artiste français procède à des « réinstallations » d'œuvres éphémères qui ont jalonné son parcours depuis cinquante ans. Inventaire.

Qu'est-ce qu'un tableau ? Qu'est-ce qu'une forme ? Qu'est-ce qu'un espace ? C'est en reprenant les bases mêmes de la peinture que François Morellet a construit, ou plutôt déconstruit son œuvre, largement basé sur l'utilisation des néons en lieu et place de la peinture elle-même. L'exposition que lui consacre le Centre Georges Pompidou n'est pas une rétrospective classique et exhaustive de son travail. Pensée en collaboration étroite avec l'artiste, REINSTALLATIONS met à l'honneur ses installations, œuvres éphémères conçues pour des espaces précis, et « réactivées » ici, dans les espaces nus du musée, en reproduisant les contraintes architecturales originelles. Dépassant cette contradiction apparente, Morellet, par un tour dont il a le génie, affirme : l'installation « se doit donc de mourir pour éventuellement renaître, modifiée par le nouvel espace qu’elle occupe »...

Pour comprendre plastiquement les œuvres de François Morellet, on peut tout aussi bien se référer directement à ses titres. Ainsi, par exemple, 2 trames de parallèles inclinées à 30° et 40° sur 3 murs est la description précise de l'œuvre : trois rubans adhésifs sont collés sur des murs, le décalage entre les lignes créant un effet d'optique... Pourquoi les néons ? A cela plusieurs raisons. L'artiste explique qu'au début des années 1960, au moment où il crée avec d'autres le GRAV (Groupe de Recherche d'Art Visuel), il est « persuadé que le règne de la peinture et de la sculpture est fini ». « Passionné par les matériaux modernes (…)particulièrement tout ce qui pouvait créer du mouvement ou de la lumière », il voue un culte à la ligne droite (forme originelle du tube de néon), et est fasciné par la capacité de ce type d'éclairage à s'allumer et à s'éteindre alternativement. Les installations de néons de François Morellet sont particulièrement saisissantes, par la netteté de la forme et l'intensité de la lumière.

L'humour est également l'un des ressorts majeurs de son œuvre. Dans Répartition aléatoire de 40 000 carrés suivant les chiffres pairs et impairs d’un annuaire de téléphone, 50 % bleu, 50 % rouge, il crée une sensation optique de clignotement, due à l'alternance des carrés rouges et du bleus. Ailleurs, c'est la poésie qui prime, comme par exemple avec Reflets dans l’eau déformés par le spectateur : le visiteur est invité à remuer une eau noire, qui reflète une grille orthogonale constituée de tubes de néon bleus, placée en hauteur. Naissent alors une série aléatoire et infinie de formes, avant un retour progressif à l'image originale. Chez François Morellet, l'art est un éternel recommencement.

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