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De la collection au musée : les œuvres des Esterházy et des Romanov à la Pinacothèque

Magali Lesauvage 20 janvier 2011

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Quelques 150 œuvres du musée de l’Ermitage de Saint-Pétersbourg et du musée des Beaux-Arts de Budapest retracent l’histoire et le goût de deux prestigieuses familles de collectionneurs, les Romanov et les Esterházy.

Si dans l’Histoire, la création de grandes collections fut souvent le fait du prince, leur constitution en musées, où elles seraient visible par tous, fut assez tardive. Lors de la Révolution française, la collection des rois de France fut à l’origine de la création du musée du Louvre, ancien palais, celle de la cour d’Espagne permit l’ouverture du musée du Prado en 1814 à Madrid, et le Victoria & Albert Museum de Londres, l’un des plus importants musées d’art décoratif au monde, a été fondé au milieu du XIXe siècle, par la volonté de la reine d’Angleterre Victoria et du prince Albert.

Outre ces grands musées, d’autres en Europe virent le jour aux XVIIIe et XIXe siècles, grâce notamment aux œuvres acquises depuis plusieurs générations par de grandes familles princières. Ce sont ces « princes collectionneurs » que la Pinacothèque, à Paris, célèbre à partir du 26 janvier avec deux expositions, L’Ermitage : naissance du musée impérial. Les Romanov, tsars collectionneurs, évoquant le fameux musée de Saint-Pétersbourg, et La naissance du musée. Les Esterházy, princes collectionneurs, consacré à la collection du musée des Beaux-Arts de Budapest, en Hongrie.

L’affirmation du goût

exposition Les Romanov, tsars collectionneursLa naissance, à partir de la fin du XVIIe siècle, de collections telles que celles des Romanov et des Esterházy est un véritable phénomène de civilisation, qui participe à la fois de la définition du goût d’une époque et de l’affirmation d’une identité culturelle. A Saint-Pétersbourg, le tsar Pierre le Grand (1672-1725), grand amateur de peinture hollandaise, impulse un amour de la l’art qui ne se tarira plus dans la famille impériale de Russie. Puis Catherine II (1729-1796) prend le relais, construisant l’Ermitage, qui abrite les collections impériales, et acquiert à Paris un grand nombre d’œuvres françaises (Poussin), italiennes (Domenico Fetti) ou flamandes (Rubens, Van Dyck). Son petit-fils Alexandre Ier (1777-1825) accuse ensuite plutôt une inclination pour la peinture espagnole, avec des œuvres de Vélasquez ou de Murillo. Sous son règne, en 1805, l’Ermitage est ouvert au public.

Exposition Esterhazy, princes collectionneursA Budapest, la famille des princes Esterházy, fidèle à la couronne impériale des Habsbourg d’Autriche, régna sur le goût pendant plusieurs siècles. Débutée au XVIIe siècle, la collection Esterházy prend toute son ampleur avec Nicolas II (1765-1833), dont la prédilection pour l’art italien le porte à acquérir deux toiles de Raphaël (La Madone Esterházy et le Portrait d’un jeune homme). Mais on rencontre également dans la collection Esterházy des œuvres de Philippe de Champaigne, Ruysdael, Frans Hals, Claude Lorrain, Zurbaran ou Brueghel l’Ancien. Déployée successivement dans divers châteaux familiaux, la collection est finalement vendue à l’Etat hongrois en 1870 et installée à Budapest.

Ces deux expositions, réparties sur près de 3000 m2, sont aussi l’occasion pour la Pinacothèque, qui depuis son ouverture en 2007 connaît un succès exponentiel avec des manifestations largement plébiscitées par le public, telles que Jackson Pollock et le chamanisme en 2008, L’Âge d’or hollandais en 2009, ou Edvard Munch en 2010, de faire découvrir au public ses nouveaux espaces, place de la Madeleine.

Photo 1 :  Jean-Baptiste Greuze
Portrait de jeune homme au chapeau
c. 1750 Huile sur toile 61 x 50 cm Inv. no. GE-1256
Provenance : 1772, collection Louis-Antoine Crozat, baron de Thiers (Paris).
Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg
Photographe © Musée de l’Ermitage. Photo de Pavel Demidov

Photo 2 : Raffaello Santi, dit Raphaël
La Vierge et l’Enfant avec le petit Saint Jean « La Madone Esterházy »

c.1508Tempera en huile sur panneau de bois H: 28,5 L: 21,5 cm Inv.71
Szépmuvészeti Múzeum, Budapest
© Szépmuvészeti Múzeum, Budapest

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