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    A l’occasion d’une visite au Musée de Minéralogie de l’Université de Strasbourg, durant l’été 2009, l’idée d’«Éclats» a pris naissance. Nous avons très vite imaginé une exposition déployée sur deux lieux, présentant des positions artistiques dans les salles du musée et une sélection de pièces provenant de ce dernier (minéraux, modèles, cartes, …) accompagnant les œuvres des artistes invités au CEAAC. Au musée, on a renoncé à toute scénographie particulière pour ne pas modifier l’atmosphère singulière de ce lieu où le temps semble s’être arrêté. Le visiteur découvre ainsi les œuvres des artistes au fur et à mesure, dans les vitrines et aux murs de ces espaces historiques. Musée de Minéralogie Les « Pariser Bordsteinjuwelen » d’Alicja Kwade sont de simples cailloux récoltés dans les rues de Paris par l’artiste, qu’elle a ensuite fait tailler en facettes par un joailler. Au musée, ils cohabitent avec des pierres précieuses synthétiques datant du 19ème siècle, présentées dans une boîte et utilisées comme matériel pédagogique pour expliquer les différentes formes de tailles possibles. La collection du musée réunit des minéraux, mais aussi une quantité d’instruments historiques pour mesurer et identifier les échantillons : goniomètres, microscopes, appareils à rayons X, et un diffracteur à électrons. Cependant, on découvre dans une vitrine un appareil, que l’on s’attendrait a voir plutôt dans une faculté de médecine : un compteur de cellules sanguines affiche le nombre 376 et est posé à côté d’un grenat – il s’agit de « Killing Time », une œuvre d’Evariste Richer. L’artiste a compté à l’aide de ce dispositif, la quantité de cristaux de grenat repérables sur le minéral. Par cette minutieuse observation, méthode scientifique et contemplation se rejoignent. Dans la deuxième salle est présentée « Mémoire Interlope ». Mariana Castillo Deball a photographié les minéraux de la collection de Roger Caillois au Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris. Les motifs que constituent ces pierres sont placés sur des fonds de couleurs vives, dont l’intensité rivalise avec celle des motifs, qui, d’objets naturels, modifiés par la coupe et le polissage, se transforment en autant de motifs abstraits dans un espace abstrait. Présentées les unes à côté des autres dans une vitrine, comme le résultat d’une expérience scientifique, vingt boules de cuivre de Yuri Leiderman composent « Stockholm Project. Names of Mountains ». Pour Leiderman, dix d’entre elles incarnent différentes lettres, restées sans réponse, adressées à Jeff Koons et à Ulf Linde, spécialiste de Duchamp. Ces lettres ont été lues en 1996 par l’artiste (en russe et en anglais) et par un acteur (en suédois). Le signal sonore de l’enregistrement de la lecture au magnétophone, déclenche un processus électrolytique, qui fait croitre dans une solution saturée en cuivre d’étranges formes d’aspect organique. Les dix autres boules de cuivre, créées en 1998 sur le même principe, représentent dix chaînes de montagnes européennes: les Alpes, les Pyrénées, les Apennins, les Carpates, les Balkans, les Rhodopes, la Forêt-Noire, le Jura, les Ardennes et les Tatras. CEAAC À l’entrée du CEAAC, un écran de surveillance retransmet l’image d’une des salles du Musée de Minéralogie où sont stockés diverses maquettes et du matériel didactique de l’université. L’appareil est un élément de l’œuvre « Permanent Loop (Natural History II) » de Gaëlle Boucand, système clos se référant à la temporalité spécifique de l’espace du musée et jouant avec l’attente d’un éventuel événement qui pourrait survenir. L’exposition commence en quelque sorte par un leurre, « Sans Titre » d’Hubert Duprat : quatre photographies de grand format montrent des structures symétriques onduleuses s’apparentant à des tranches d’agate. Un examen plus attentif révèle que cette double symétrie très élaborée ne peut provenir d’une pierre naturelle : chacune des quatre photographies est elle-même composée de quatre images distinctes qui sont ensuite reproduites dans quatre configurations différentes. Une seule prise de vue est à la source de ce travail. L’artiste l’a réalisée dans une pièce dont la baie vitrée a été obturée d’un film plastique noir qu’il a incisé. La lumière du jour filtre à travers ces incisions ondoyantes et révèle sur la photo une irisation, artificielle comme le halo d’un néon. « Entropology I » la vidéo de Mariana Castillo Deball explore également l’idée de la nature et des artefacts. Le film relate l’histoire d’une minéralogiste élaborant des pierres synthétiques afin de parfaire son jardin idéal, un paysage de montagne en miniature. Chercheuse au CERN à Genève, elle évoque les multiples réunions, où les scientifiques abordent notamment les notions d’ordre et de chaos et de l’imitation de la nature par l’homme. Le terme d’«Entropologie», autre point de réflexion, est cette notion forgée par Claude Lévi-Strauss qui lie entropie et anthropologie. À partir de cristaux cubiques de pyrite, Hubert Duprat a réalisé la sculpture cylindrique « Cristaux de pyrites », dont la conception résulte d’une sorte de logique du matériau avec l’intérieur lisse comme un miroir, et l’extérieur irrégulier. Ce qui semble s’assembler de manière si naturelle est cependant le résultat d’un long processus de recherche de formes prenant en compte les contraintes du matériau, la pyrite ayant la propriété de se briser par clivage en cubes presque parfaits reflétant la structure atomique du minéral. Dans les années 80, Sigmar Polke a créé plusieurs séries de photographies utilisant des minéraux. Il s’agit par exemple d’expériences menées avec des pierres radioactives déposées directement et sans apport de lumière supplémentaire, sur des plaques photographiques, et de travaux conçus à partir de particules de météorites. Les «Nuggets» de 1986 sont des macrophotographies de pépites d’or dont l’agrandissement des différents développements de la matière minérale fait surgir des formes grotesques non identifiables. De même dans « Fulgurite » d’Evariste Richer, tout échappe à la simple perception oculaire. Les fulgurites prennent forme lorsque la foudre pénètre les sols sableux et fait fondre la silice contenue dans le sable. Le tube de néon que Richer introduit à l’intérieur de cette fulgurite révèle par son intensité lumineuse la couleur et la texture de cette roche par ailleurs assez terne, et rend visible sa structure vitreuse interne. À l’ère de la numérisation générale des archives scientifiques, les lecteurs de microfiches ont été considérés pour un certain temps comme des instruments techniques obsolètes. Néanmoins constatant que ces données stockées ont une durée de vie de 500 ans, (ce que ne peut faire aucun support de stockage numérique), on a donc transféré les données déjà numérisées sur microfiche. L’œuvre « 500/500 000 000 » de Gaëlle Boucand montre sur une microfiche 80 représentations de minéraux qui ont environ 500 millions d’années. L’artiste a réalisé ces photographies dans le département de minéralogie du Muséum National d’Histoire Naturelle de Paris. « Cohrl » de Gyan Panchal est une carotte synthétique, conçue avec des étudiants de l’INSA, Institut National des Sciences Appliqués de Rouen. Le cylindre constitué de différents composés polymères ressemble à une carotte glacière, avec ses strates tantôt transparentes, tantôt plus denses, qui pour l’artiste condense l’histoire d’une «évolution fictionnelle». L’œuvre sur papier « Sans Titre » de 2010 est le résultat du frottage à la mine de graphite de la surface d’une dalle de pierre, extraite d’une carrière et comportant les traces de son usinage. Paradoxalement, le transfert sur papier rappelle les plies d’une draperie antique. Le travail de Gernot Wieland « Planeten und Kristalle » appréhende de façon métaphorique la notion de l’éclat. Sigmund Freud avait comparé la psyché humaine à un cristal qui, quand on le jette à terre, se brise en mille morceaux. La structure fondamentale cristalline existerait cependant dans chacun des fragments. Aussi, en psychanalyse, on pourrait ainsi déduire le tout à partir du détail. En parallèle aux objets que Gernot Wieland a réalisés pour l’exposition (en bois brûlé, papier, savon,…) il présente, le soir du vernissage la performance lecture Cristaux atteints de dépressions, inspirée de données biographiques, historiques et scientifiques. Bettina Klein, Commissaire de l’exposition

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