L’aphorisme bien connu d’Aristote « la nature a horreur du vide » a la vie dure alors qu’il repose sur une idée fausse. Descartes imaginait un monde peuplé de tourbillons de matière et Pascal, dans ses Expériences nouvelles touchant le vide mit en évidence « la pression de l’air ». Il fallut attendre Rutherford en 1911 pour comprendre que la matière elle-même est composée de vide à 99,999…%, chose inconcevable sinon en termes d’échelle. L’infiniment petit des atomes comme l’infiniment grand de l’univers galactique reposait ainsi sur un paradoxe : le caractère immatériel de la matière. Ce modèle ne pouvait qu’affecter les modes de représentation de la nature longtemps gouverné par celui de « la fenêtre ouverte sur le monde », la veduta des peintres depuis la Renaissance italienne et aujourd’hui l’écran des ordinateurs puis ceux des téléphones portables connectés aux réseaux et aux sites internet. L’exposition Techno Nature privilégie ainsi plusieurs « points de vue » de la toile à l’écran proposés par Dan Hays, Michel Huelin, Leslie Thornton, et Paul DeMuro.
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