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Didier Vermeiren

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Didier Vermeiren

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Toute l’œuvre de Didier Vermeiren (Bruxelles, 1951) est placée sous le signe du questionnement fondamental de la tradition sculpturale et des possibilités de la sculpture aujourd’hui. Il fait partie d’une génération d’artistes qui, dès les années soixante-dix, en s’appuyant à la fois sur les acquis de l’art conceptuel et minimal et sur l’histoire, a nettement contribué à redéfinir le discours artistique. Si les sculptures de Didier Vermeiren se réfèrent souvent à d’autres sculptures de l’histoire de l’art, elles se répondent aussi les unes aux autres au sein de son propre travail. Une sculpture est toujours comme le terme d’une suite et forme une réponse à une œuvre précédente. En ce sens, toutes les pièces sont liées et constituent un ensemble cohérent et prolifique. Chaque exposition de Didier Vermeiren permet de tisser de nouvelles relations entre les différentes sculptures. L’artiste aime établir un dialogue dans ses expositions entre des œuvres récentes et d’autres plus anciennes. Il déploie ainsi, dans chacune des expositions qui lui sont consacrées, un regard à la fois rétrospectif et prospectif sur son travail. Dans les œuvres qui ont fait sa renommée au début des années 80, Vermeiren s’est penché sur la signification de l’art sculptural à travers le questionnement de son support : le socle. La valeur du socle comme piédestal a graduellement disparu au cours du vingtième siècle. Si certains artistes, comme Brancusi, en ont fait une partie intégrante de leur travail, d’autres souhaitaient que l’œuvre ne soit plus séparée du sol par un socle. Autrement dit, le modernisme a fait du socle un attribut inutile. En réponse à cette évolution, Didier Vermeiren a repensé la raison d’être du socle pour en faire un volume autonome dans l’espace : si le socle est une base ou un fondement, il peut être déployé pour lui-même et à partir de lui-même. On peut songer à ces pièces présentant un volume au matériau solide et lourd (pierre, plâtre ou fer) posé sur un volume identique mais au matériau souple et léger (mousse de polyuréthane), avec un jeu d’écrasement de l’un par l’autre qui manifeste le rapport au sol. Puis, dans une confrontation directe avec la question du socle, des « répliques » de socles de sculptures décisives de l’histoire (Rodin, Carpeaux, David Smith, Chamberlain…) furent exposées pour elles-mêmes (en plâtre, en bronze…). Puis, grâce à la déclinaison possible à partir d’un moulage, un positif fut présenté à front renversé sur son semblable, ou bien sur son négatif (son propre moule), ou bien encore retourné comme un gant, toutes armatures dehors. Mais si à chaque fois l’autonomie du socle en tant que sculpture est manifestée, les réflexions de Vermeiren vont bien au-delà du recours au socle en tant que « ready made ». L’œuvre n’est pas seulement trouvée là, mais, dans un devenir proprement plastique, le volume choisi est redéployé, travaillé, « sculpté ». Certaines de ces sculptures caractéristiques du parcours de Didier Vermeiren sont présentées à la Maison Rouge. Ici, l’artiste, qui n’avait pas exposé à Paris depuis 2006 (Musée Bourdelle) s’est attaché à tirer parti de la configuration des lieux en choisissant deux ensembles pour les deux salles qui, en contrebas l’une de l’autre, se font face. Dans la première, la salle haute, seront présentées, pour la première fois en France, neuf grandes pièces, qui constituent le travail le plus récent de l’artiste (2007-2010) autour des sculptures intitulées Etude pour la Pierre et Etude pour l’Urne. Le second espace rassemblera un groupe de sept sculptures en plâtre, celles qu’on pourrait nommer « sculptures retournées » (1995-1999), ainsi qu’une série de 32 photographies en noir et blanc réalisées dans l’atelier en 1998, à partir d’une œuvre datant de la même époque (« Cariatide à la pierre », 1997). Car la photographie joue aussi un rôle important dans l’œuvre de l’artiste. Par le jeu de la lumière et du mouvement, on se fait constamment une autre idée des œuvres et chaque image photographique en présente une nouvelle facette figée dans le temps. Dans cette série, intitulée « Profils. Cariatide à la Pierre », Vermeiren a photographié sa Cariatide à la Pierre après lui avoir impulsé un mouvement de rotation, plus ou moins lent, en laissant le diaphragme de son appareil ouvert. Ce n’est plus le spectateur qui tourne autour de la sculpture mais la sculpture qui tourne sur elle-même, saisie comme en lévitation. La mise en regard de ces images énigmatiques et de ces sculptures creuses, disposées en un chaos apparent au centre d’une salle elle-même en creux et située en contrebas de l’autre, invite alors le visiteur à adopter les multiples points de vues du sculpteur sur ces propres sculptures. Et quand au sein d’une installation, comme c’est le cas ici entre les deux salles de l’exposition, les œuvres se renvoient les unes aux autres, chacune portant en elle comme l’empreinte ou le souvenir d’une autre, alors c’est tout l’espace qui s’en ressent et se trouve comme redéployé en s’appuyant sur la présence des œuvres. Libre alors au spectateur de se choisir un parcours à sa mesure. Dans son travail le plus récent, Vermeiren associe des résonances tirées de l’histoire de l’art à des propositions qui jaillissent du pouvoir créateur et de l’imagination intuitive de l’artiste. Il combine des réflexions sur la signification et l’impact de la sculpture avec des expérimentations de formes, de matériaux et de techniques diverses. Le hasard et l’intuition jouent, également, un rôle majeur. Depuis ses débuts, Didier Vermeiren se tient en réserve du genre de sculpture qui cherche à susciter le spectacle à travers des formats excentriques et une figuration facilement interprétable. Son œuvre résiste résolument aux modes dans sa quête de l’essence de la sculpture.

Dates 21/06/2012 - 23/09/2012
Domaines sculpture
photographie
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  • 10/07/2012

    Mise en scène réussie autour des œuvres de Didier Vermeiren qui replace la sculpture dans un ensemble, prend du recul vis-à-vis de celle-ci. Cela reste très court et on ne va pas à la maison rouge pour cela.

  • ';
  • 19/07/2012

    Au centre [de la seconde salle] sont réunis des volumes creux, blancs, que l’on prendrait pour des boîtes vides s’ils n’avaient pour titres Ugolin, Monument à Victor Hugo, Cariatide à la pierre, Cariatide à l’urne. Les trois derniers sont des allusions à Rodin, le premier à Carpeaux. Deux autres titres, Creugas et Damoxenos, renvoient à Antonio Canova. Vermeiren explique : il a construit en argile des volumes aux dimensions des socles qui portent ces oeuvres, dont il a tiré des moules en plâtre. Ils sont présentés inversés, retournés comme des gants, pleins devenus vides – ce qui déconcerte encore un peu plus. [...] Cette installation est donc une histoire de la sculpture, mais à l’état spectral ou virtuel, un groupe de fantômes. [...] Vermeiren a un autre moyen d’insuffler du mouvement dans le volume : la photographie. Il présente une série de tirages argentiques dont chacun montre l’une de ses oeuvres, la Cariatide à la pierre, oscillant et pivotant en raison des irrégularités de la surface. Grâce à de longs temps de pose, Vermeiren enregistre ces déplacements, qui troublent les formes et produisent superpositions et dédoublement des lignes. Dans certains cas, le volume devient nuage. Le plus souvent, il est fantomatique.
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