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Jugnet + Clairet

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Jugnet + Clairet

Jugnet + Clairet, Nuage # 6

2006, Coll. des artistes, Photo : Ilmari Kalkkinen –Mamco, Genève

Jugnet + Clairet, Flying Saucer #1

2008, Coll. des artistes, Photo : Ilmari Kalkkinen –Mamco, Genève

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    Anne Marie Jugnet et Alain Clairet travaillent ensemble depuis 1997. Aujourd’hui installés à Santa Fe, aux États- Unis, ils développent une recherche sur l’origine du sens, celui des images en premier lieu. À la fois artisanal et sophistiqué, leur art s’exprime dans des médiums et à travers des techniques nombreuses : la sculpture, la peinture, l’aquarelle, le néon, la sérigraphie, la photographie. À l’occasion de Biens communs 1, le Mamco montre un florilège de leurs oeuvres titré Un abrégé. Parmi les pièces singulières montrées par Anne Marie Jugnet et Alain Clairet figurent de petits nuages blancs. Ce sont des sculptures faites avec du marbre de Carrare, celui-là même qu’utilisait Michel-Ange. Elles ont pour origine des photos prises par A. Clairet au-dessus du désert du Nouveau-Mexique depuis un avion (un Cessna) piloté par A. M. Jugnet. Posées sur un support, ces formes vaporeuses semblent légères et aériennes, mais il suffit de s’en saisir pour éprouver leur lourdeur, leur gravité. Ainsi y a-t-il un décalage saisissant entre l’aspect de l’œuvre et sa réalité matérielle : ce que l’on voit rejoint rarement le réel tel quel, lequel n’existe probablement pas. Le caractère baudelairien de ces sculptures (Baudelaire, on le sait, célébrait les nuages, « les merveilleux nuages ») ne doit pas faire oublier le processus d’élaboration essentiel à leur réalisation, lequel permet le passage de la photo au volume, la traduction d’une image bidimensionnelle en une matière lourde et dense. Ce sont souvent des opérations complexes de translation, de transposition et de transfert qui sont, d’ailleurs, au coeur du travail des artistes. Ainsi pour une autre catégorie de nuages peints : les champignons atomiques. Ils constituent une série réalisée en 2007 — le travail sériel est récurrent dans cette oeuvre — faite de tableaux allongés dont le point de départ est chaque fois une photo, cette fois-ci trouvée sur Internet, travaillée avec un logiciel de dessin de telle sorte qu’elle puisse être agrandie à l’infini sans perte de définition. Après un certain nombre de manipulations, A. Clairet et A. M. Jugnet obtiennent une représentation « réaliste » du point de départ, et très procédurale, sans pour autant que le travail de la main soit consigné dans le résultat final. Car cette fascination pour le procès, la procédure, qui passe aussi par le détournement de la technologie, fait disparaître le corps (comme le dit Jean- Louis Schefer, « le peintre n’apporte pas ici son corps »). Autres exemples de nuages : ceux, aquarellés, peints en 2007. Ce sont des travaux de couleur rouge et de petites dimensions dont le point de départ est lui aussi photographique : il s’agit de prises de vue de nuages, remarqués dans des oeuvres d’art chinoises, faites par les artistes euxmêmes dans un musée de Shangaï. La logique du transfert a abouti à ce résultat peint. C’est aussi le cas pour les petits soleils rouges de 2006 : leur origine est à chercher dans une fresque de Fra Angelico visible à San Marcoà Florence. Le prélèvement et la transposition jouent donc un rôle important chez A. M. Jugnet et A. Clairet. Mais ces derniers fixent aussi des protocoles précis pour réaliser un ensemble de pièces. Si l’on en reste à la dimension atmosphérique de leur travail, les ciels, qui composent plusieurs séries (Villa Arson, 1997 ; Cordoba, 2002), sont produits en fonction d’un cadre procédural donné. Il faut d’abord que le ciel soit photographié dans un contexte urbain, qu’il n’y ait, ensuite, ni avion, ni nuage, ni oiseau sur la prise de vue. Le résultat est proche d’un monochrome bleu, mais il s’agit dans ce cas précis d’un monochrome impossible. Car le ciel photographié ne sera jamais exactement couleur azur (la luminosité de l’atmosphère, la courbure du ciel… l’interdisent). Par là est perceptible une des dimensions de cet art : occuper une zone de l’expérience visuelle qui conduit à faire des images dans lesquelles est contenu leur propre échec. Car ce qui compte, c’est de travailler d’une manière paradoxale, là où les choses sont à la limite du possible. « Ce n’est pas en nous interrogeant sur la forme que nous entendons créer des nouvelles formes, mais en inventant les nouvelles conditions de leur émergence. Naissent alors d’autres figures et d’autres possibles. C’est dans ce questionnement de l’image, au bord de son épuisement, que se situe notre réflexion », constatent A. M. Jugnet et A. Clairet.

    Dates 19/10/2011 - 15/01/2012
    Domaine art contemporain
    Site officiel Musée d’art moderne et contemporain (MAMCO)
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