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Romane Holderried Kaesdorf

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Romane Holderried Kaesdorf

Romane Holderried Kaesdorf, Sans titre

1980 Coll. particulière Biberach

Romane Holderried Kaesdorf, Sans titre

2007, Coll. particulière Biberach, Photo : Ilmari Kalkkinen – Mamco, Genève

Romane Holderried Kaesdorf

Bleistift im Kopf

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    Confidentielle du vivant de l’artiste, l’oeuvre graphique de Romane Holderried Kaesdorf connaît, depuis quelques années, une renommée posthume auprès de la jeune création allemande. Dans la modeste maison de Biberach où s’installe le couple Kaesdorf, se construit, dans l’immédiat après-guerre, une œuvre singulière, qui n’ignore rien des soubresauts de l’art. L’osmose avec quelques belles figures de l’avant-garde artistique, de la littérature ou du cinéma, en est le témoignage. Dès 1960, le dessin est pour R. Holderried Kaesdorf une discipline quotidienne. Plus de deux mille dessins exécutés sur feuilles volantes occuperont progressivement l’espace domestique. R. Holderried Kaesdorf s’intéresse à ce qui s’offre à son regard, au tout venant du quotidien. Son apprentissage de la peinture et du dessin à l’Académie des arts de Stuttgart lui ouvre bientôt des perspectives et lorsqu’elle visite, en compagnie de son mari, le peintre Julius Kaesdorf, l’exposition impressionniste de Munich, elle découvre « des continents entiers ». Elle regarde avec intérêt Max Ernst et les surréalistes, et s’amuse des extravagances cinématographiques de Laurel & Hardy. Elle lit Beckett, Kafka et savoure l’absurdité des poèmes et saynètes du russe Daniil Kharms alias Daniel Charms. Quelques décennies plus tard, c’est le pop art et l’art conceptuel qui retiendront son attention, les dessins les plus récents en portent la marque. Abondamment chargés de figures humaines, ces dessins à l’humour subtil, sont des dessins d’observation. Ils ont cependant, sous couvert de traduire le banal, la capacité, par la répétition des gestes, la surimpression des motifs, l’incongruité des situations, de faire basculer le quotidien dans une inquiétante étrangeté. Les frontières qui séparaient le beau du laid, le bien du mal, le réel du surréel sont effacées. Les œuvres dessinées ou peintes dans les années 1960 traduisent l’influence de James Ensor et de George Grosz. Du premier, elle retient le goût des masques, « la fuite hors du réel » et les « inquiétudes modernes » . Au second, elle emprunte la déformation des corps, la mise à distance ironique de malaises récurrents, la dramaturgie, qui projettent sur l’oeuvre l’ombre de la souffrance et de l’autodérision. L’œuvre graphique de R. Holderried Kaesdorf procède par séries. Dans les années 1970, elle dessine des hommes passifs. Figures archétypales, ils incarnent le bourgeois, le fonctionnaire, le modèle, contraint à des poses extravagantes, inaccoutumées. Leur relation aux objets a quelque chose de kafkaien. Figures sans visage, ils sont affublés de noms grotesques, Ludwig Schmauss (Ludwig « ultra agréable »), Alfons Moll (Alfons « ultra tendre »), Franz Merk (Franz « souhaits »)… dans les titres griffonnés au bas des dessins. Titres qui constituent une énigme supplémentaire plutôt qu’une clé d’interprétation, leur littéralité ne faisant office, souvent, que de légende descriptive. Dans les années 1980, ce sont les figures féminines qui dominent. Figures sans modelé esquissées dans l’urgence, pour saisir l’idée quand elle vient afin de ne pas la perdre. Toutes semblent incarner un double de l’artiste. Des affleurements fantasmatiques donnent au dessin son étrangeté, sa dureté. Un dessin fort, intime, noué qui dépeint un monde « où les figures se cognent plutôt qu’elles ne se mêlent », où le dédoublement est tout à la fois miroir et altérité, harmonie et menace. Lorsque les visages sont complets, on peut y lire la résignation, les rêves fanés ou hallucinés des figures peintes par Paula Modersohn-Becker. Dans un univers où l’arrière plan est rarement esquissé, où le blanc de la page fait office de décor, les corps ou portions de corps se confrontent aux objets, se mesurent, se jaugent à l’aune de leur surface, éprouvent le lien qui nous unit au monde de ces choses que nous produisons et dont la symétrie se modèle sur celle de notre propre corps. Munies d’accessoires ou de prothèses, les figures jouxtent des accumulations d’objets métonymiques avec lesquels elles esquissent d’étranges ballets. Une rame évoque la mer, le voyage métaphorique, rêvé… et c’est le monde qui fait irruption dans le huis clos de la page.

    Dates 19/10/2011 - 15/01/2012
    Domaine arts graphiques
    Site officiel Musée d’art moderne et contemporain (MAMCO)
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