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Pierre Bonnard

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Pierre Bonnard

George Besson, Bonnard dans le jardin, 1942

Photographie, 20 x 30 cm

Pierre Bonnard, Le Cabinet de toilette, 1932

huile sur toile, 121 × 118,2 cm. The Museum of Modern Art, New York, Nachlass Florene May Schoenborn 1996. 2012, ProLitteris, Zürich

Pierre Bonnard, Place Clichy, 1912

Huile sur toile, 138 × 203 cm. Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris, Dépôt au Musée des Beaux-Arts et d’Archéologie, Besançon, legs d’Adèle et George Besson 1963.

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    France 2 – Exposition Pierre Bonnard à Bâle - 23/02/2012

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    À travers l’exposition Pierre Bonnard (1867–1947), la Fondation Beyeler consacre à l’un des peintres les plus fascinants de l’art moderne la première vaste rétrospective organisée en Suisse depuis un quart de siècle. Elle regroupe plus de 60 toiles de Bonnard provenant de musées internationaux et de collections privées, offrant ainsi une nouvelle perspective sur l’œuvre de ce célèbre coloriste français et sur son évolution artistique. Le public est invité à découvrir l’ensemble de sa création, depuis ses débuts dans le cercle des Nabis jusqu’à ses œuvres tardives de plus en plus colorées et de plus en plus abstraites, en passant par les travaux qu’il a réalisés dans l’environnement du symbolisme et de l’impressionnisme. Ces toiles représentent de célèbres scènes de baigneuses, des vues du jardin de l’artiste, des représentations de la vie quotidienne ainsi que l’animation des rues de Paris. Né à Fontenay-aux-Roses près de Paris, Bonnard a surtout peint dans les demeures qu’il a occupées et dans ses ateliers-logements parisiens. La plupart de ses toiles ont vu le jour dans sa maison « Ma Roulotte » de Vernonnet en Normandie (de 1912 à 1939) et dans la villa « Le Bosquet » au Cannet sur la Côte d’Azur (de 1927 à 1947) ainsi que dans les jardins qui les entouraient. Ce cadre éminemment personnel lui a livré des configurations et des stimulations propices à ses compositions chromatiques, en même temps que ses sujets de prédilection. Il y restera fidèle sa vie durant, tout en en variant considérablement la représentation. Marthe, sa maîtresse puis son épouse à partir de 1925, a été en l’occurrence son modèle favori. Ce mariage mit fin au ménage à trois entre Bonnard, Marthe et Renée Monchaty – modèle, muse et maîtresse du peintre depuis 1918 — qui se donna alors la mort. Au-delà de tous les « ismes » du début du XXe siècle, Bonnard cultiva son propre style, celui d’un « autre art moderne » qui devait beaucoup au classicisme français et ne remit jamais en cause la figuration. C’est avec remarque esprit de suite qu’il a bousculé les limites traditionnelles entre les genres et leur a apporté un développement nouveau. Il a créé des natures mortes fort peu conventionnelles, incluant des êtres humains et des animaux vivants. Le paysage avec la description d’une « nature sauvage » s’oppose sur ses toiles au paysage urbain animé de Paris. Quant à ses tableaux d’intérieurs, il y fait alterner la représentation intime de la femme à sa toilette et des vues de salle à manger bourgeoise. L’exubérance de ses couleurs, parfois franchement incandescentes, l’a rapidement distingué des impressionnistes. À la différence de ces derniers attachés à saisir l’instant, c’est la durée et la mémoire des choses que Bonnard peignait dans son atelier. À travers ses compositions chromatiques, il a su rendre de façon extraordinaire l’impression générale d’un espace tel que peut le percevoir l’œil humain, une vision très différente de celle d’un objectif photographique. Ce qui lui tenait le plus à cœur était de représenter par la couleur toutes les impressions sensorielles. Si juste après sa mort au milieu du siècle dernier, Bonnard était encore considéré comme le représentant d’une harmonie superficielle et comme le chroniqueur « inoffensif » d’un quotidien grand bourgeois, l’exposition itinérante que lui a consacrée en 1984 le Centre Pompidou de Paris (et que l’on a également pu voir au Kunsthaus de Zurich) a fait découvrir un peintre qui a évoqué sur ses toiles la profonde inquiétude d’une société vouée à la disparition. Grâce à de subtiles nuances artistiques, Bonnard a remis en cause cette fameuse harmonie superficielle, comme en témoignent les dissonances chromatiques, les interconnections spatiales et les localisations imprécises ou encore une conduite divergente des personnages. Dans cette exposition conçue comme une « Maison imaginaire de Bonnard», ses toiles sont regroupées dans différentes salles consacrées à ses motifs préférés : « La rue », « La salle à manger », « Intimité », « Le miroir », « Le passage entre intérieur et extérieur » et « Le grand jardin ». L’exposition s’ouvre sur la salle « La rue ». Dans ses premières années surtout, Bonnard a peint des scènes de rues avec des motifs parisiens. Il lui est arrivé à plusieurs reprises de choisir un nœud de communication particulièrement animé du nord ouest de Paris, pas très loin de son atelier. Ce lieu est représenté sur deux toiles impressionnantes qui portent le même titre – Place Clichy (1906/1907 et 1912) – l’une appartenant à une collection particulière, l’autre conservée au Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris. La deuxième salle contient des représentations d’espaces d’une grande densité atmosphérique, qui déclinent toutes le motif de la « salle à manger ». Cette pièce a offert à Bonnard des possibilités constamment renouvelées de jeter un regard souvent plein d’humour sur l’intérieur bourgeois, comme on peut s’en convaincre avec l’importante toile Le Café (1915) de la Tate de Londres ou avec La Nappe blanche (1925) du Von der Heydt-Museum de Wuppertal. Les natures mortes de salle à manger contrastent avec les intérieurs intimes de la chambre à coucher et de la salle de bain, présentés dans la salle « Intimité ». Le nu a été un des motifs favoris de Bonnard. Parmi les œuvres majeures de ce domaine, on peut voir ici L’Homme et la Femme (1900) du Musée d’Orsay de Paris. Représentant Bonnard et sa maîtresse Marthe, cette toile marque un premier tournant dans l’œuvre de l’artiste qui, dans cette représentation précoce, d’un effet très moderne par son naturel, laisse derrière lui les audacieuses simplifications de l’époque « Nabi ». Parallèlement à d’autres pièces de la maison, c’est surtout le bain qui a inspiré de nombreuses peintures à Bonnard. À partir de 1908, l’artiste s’intéresse de plus en plus au sujet de la femme à sa toilette. Par la densité de sa structure spatiale, Le Cabinet de toilette (1932) du Museum of Modern Art de New York, en offre un excellent exemple. Les motifs de baignoire de Bonnard sont restés célèbres. L’exposition présente cinq toiles majeures de ce genre : La Source (Nu dans la baignoire), 1917, provenant d’une collection privée ; Baignoire (Le Bain), 1925, de la Tate ; Nu à la baignoire (Sortie du bain), 1931, du Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris; Nu dans le bain (Nu dans la baignoire), 1936–1938, du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris et La Grande Baignoire (Nu), 1937–1939, qui appartient à un particulier. On a regroupé des tableaux représentant le motif du miroir, un objet qui agrandit l’espace pictural et le remet en question. On trouvera ici Le Cabinet de toilette au canapé rose (Nu à contre-jour), 1908, des Musées royaux des Beaux-Arts de Belgique de Bruxelles, ainsi que deux autoportraits de l’artiste réalisés devant le miroir de sa chambre à coucher : Autoportrait (Le Boxeur), 1931, du Musée d’Orsay et Portrait de l’artiste dans la glace du cabinet de toilette (Autoportrait), 1939–1945, du Musée national d’Art moderne, Centre Georges Pompidou, Paris. Une autre salle se consacre au rapport essentiel entre dedans et dehors dans l’œuvre de Bonnard, captivé par les fenêtres toute sa vie durant. Le regard par la fenêtre est toujours identifiable dans la mesure où le monde extérieur est résolument perçu depuis une perspective intérieure. L’environnement se trouve ainsi intégré au monde intérieur représenté. On s’en fera une idée exemplaire avec Fenêtre ouverte sur la Seine (Vernon), 1911/1912, du Musée des Beaux-Arts de Nice et Grande salle à manger sur le jardin, 1934/1935, du Solomon R. Guggenheim Museum, New York. L’exposition présente par ailleurs un grand nombre de tableaux de jardin datant de l’ensemble des phases de création de l’artiste. Depuis le tournant du siècle, la nature est devenue un motif central des univers picturaux de l’artiste. Aux yeux de l’artiste, le jardin reproduit un ordre dans lequel se reflète la relation de l’homme avec la nature. Dans son œuvre de jeunesse, La Partie de croquet, 1892, du Musée d’Orsay, le paysage sert encore de toile de fond à une harmonie ornementale. Dans ses représentations de nature plus tardives, Bonnard entremêle le paysage avec le jardin et sa maison, comme le montrent les célèbres toiles Le Jardin sauvage (La Grande Terrasse), 1918, de la Phillips Collection, Washington ou Décor à Vernon (La Terrasse à Vernon), 1920/1939, du Metropolitan Museum of Art de New York. Cette rétrospective Pierre Bonnard s’inscrit parfaitement dans la tradition de la Fondation Beyeler qui s’attache à monter des expositions autour d’artistes de la Collection. Dans son activité de galeriste, Ernst Beyeler a vendu des œuvres de Pierre Bonnard et a réalisé également une exposition Bonnard dans sa Galerie en 1966. La Collection Beyeler possède avec Le Dessert (1940) une nature morte tardive de l’artiste. Le principal établissement prêteur pour cette exposition est le Musée d’Orsay de Paris, avec quatre œuvres majeures : outre La Partie de croquet, Autoportrait (Le Boxeur) et L’Homme et la Femme déjà évoqués, il est représenté avec La Symphonie pastorale (Campagne), de 1916–1920. D’autres œuvres remarquables proviennent de la Tate de Londres, du Musée national d’Art moderne, Centre Pompidou de Paris, du Musée d’Art moderne de la Ville de Paris, du Museum of Modern Art de New York, du Solomon R. Guggenheim Museum de New York, du Metropolitan Museum de New York, de la Phillips Collection de Washington, du Kunstmuseum de Bâle, du Kunsthaus de Zürich ainsi que de collections particulières de renom, parmi lesquelles il faut tout particulièrement mentionner les héritiers Hahnloser.

    Dates 29/01/2012 - 13/05/2012
    Domaine peinture
    Périodes XXe siècle, XIXe siècle
    Site officiel Fondation Beyeler
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    • 25/02/2012

      Il faut évidemment courir à la fondation Beyeler et vérifier combien il serait sot de réduire l’artiste à sa palette insolente, ses contre-plongées, ses espaces conflictuels ou ses silences brûlant d’on ne sait quel secret. Thématique, le parcours de Bâle fait comprendre ce que cette peinture a d’inapaisé et de tendu en alternant les faux repos de l’espace domestique et la résistance des corps à cet assoupissement.
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    • 25/02/2012

      La présentation d’une sélection réduite d’oeuvres permet, comme le souhaite le conservateur Ulf Küster, de rendre visible chaque tableau. Mais ce souhait n’est que partiellement réalisé : le « White Cube » de l’espace d’exposition de la Fondation Beyeler empêche l’éclatement des couleurs qui régissent pourtant toute la peinture de Pierre Bonnard.
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    • 21/02/2012

      Avec une sélection de 65 œuvres le commissaire de l’exposition, Ulf Küster, conservateur à la Fondation, reconstitue en effet « la maison imaginaire de Bonnard », une maison faite de tous ses quartiers, ses jardins et ses intérieurs, de Paris, toujours, à Vernon et au Cannet. Un concept thématique et non chronologique particulièrement pertinent au sujet de cet artiste casanier que la vie quotidienne et domestique ne cessa d’inspirer.
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    • 17/02/2012

      Plus qu’une simple rétrospective, la Fondation Beyeler propose jusqu’en mai une plongée dans l’espace familier de Bonnard, sans doute un des meilleurs coloristes du XXe siècle. (…) La Fondation a choisi (…) un parcours sur le thème de la « Maison imaginaire » de Bonnard, de la rue à la salle à manger et jusqu’à la salle de bain, en passant par les jardins.
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    • 09/02/2012

      Difficile de faire la fine bouche devant les 65 Bonnard réunis à la Fondation Beyeler à Bâle, dont nombre de raretés issues de collections privées ou de musées américains. Et pourtant, pourquoi ne pas confesser ses regrets devant certaines maladresses de l’accrochage ? (…) Heureusement, la magie des œuvres est si puissante qu’elle a tôt fait d’effacer ces broutilles.
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    • 06/02/2012

      La visite commence chronologiquement. Puis le commissaire Ulf Küster a eu le bon sens d’organiser la scénographie par thèmes. Il fait ainsi se succéder les pièces de la demeure mythifiée des Bonnard. Salle à manger, chambre, jardin, terrasse et, bien sûr, salle de bains où Marthe semble nue et jeune pour l’éternité.
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    • 04/02/2012

      Bonnard est renversant. On s’en doutait un peu, mais l’exposition (…) le démontre en soixante-cinq tableaux, dont beaucoup viennent de collections privées, et donc sont rarement vus. (…) L’exposition regroupe les tableaux non par ordre chronologique, mais par lieux : de la rue, on passe à « la salle à manger » puis au « jardin sauvage » et au « jardin ensoleillé », avant de pénétrer dans « la salle de bains ».
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    • 01/02/2012

      Le commissaire de l’exposition, Ulf Küster, a imaginé de recréer une maison à la Bonnard dans les huit salles du beau bâtiment construit par Renzo Piano. Extérieur-intérieur, vie dehors, jardins, rue, vie dedans à travers les miroirs, dans les salles à manger ou dans la chaleur des salles des bains. Chacun mérite qu’on s’y arrête longtemps tant la singularité se révèle à chaque approche.
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    • 01/02/2012

      La Fondation Beyeler, à Riehen, près de Bâle, ne propose pas une rétrospective classique du peintre Pierre Bonnard mais une plongée dans l’atelier de l’artiste. (…) Salle après salle, le parcours permet d’entrer dans l’intimité de l’artiste. (…) L’oeil n’est (…) plus habitué à contempler ses tableaux sur des fonds blancs, comme c’est le cas ici à la Fondation Beyeler. Le « bonheur à la Bonnard » perd en intensité sous cette lumière crue, qui aplatit les couleurs.
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