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Jardin éphémère 2011

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Jardin éphémère 2011

Splash, Jessica Lajard

2011 Céramique émaillée polystyrène résine polyester

work n°054-2 : Keep warm burnout the rich

Nøne Futbol Club work n°054-2 : Keep warm burnout the rich (stabile version), 2011 Acier forgé

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    Six jeunes artistes diplômés des Beaux-arts de Paris, présentent leurs œuvres dans le Jardin éphémère, au cœur du quartier des « Puces » de Saint-Ouen… L’imaginaire de Vincent Chevillon, empreint d’éloignement et de mise à distance de soi, est né d’un songe irrationnel et maritime. Avec des gestes de sculpteur, il semble répondre aux vœux de Fernando Pessoa, « en quête rien que de partir », et à l’injonction de Malcom Lowry : « Désertez !… Voyagez au rivage supérieur ». Cette quête, traduite par sa volonté de sonder l’espace, il la mène, seul, mais avec le dessein de nous perdre, en nous guidant vers les écueils de l’entendement et des confins marins. Grâce à la série des Sondes, qu’il sous-intitule : spermwhaler’s dream [le rêve du pêcheur de cachalot] c’est tout un univers de signes énigmatiques qui s’affirme à nos yeux, et qui sourd des œuvres de Melville, Verne et Conrad. Dans le jardin, il crée Sonde 4 (phare avant-poste), une sculpture-objet, de bois, de béton et d’acier, qui, verticale, ponctue l’espace et guide nos regards vers le chenal possible qu’il pressent, ou qu’il a déjà parcouru. Nous précède-t-il? Nous suit-il? Il nous éloigne, pour le moins, inéluctablement, des amers terrestres, afin « que je voie l’abîme s’ouvrir entre moi et la côte » – eût dit Pessoa. Ici dans ce passage, non loin du ponton de bois, il nous abandonne avant la haute mer, auprès de ce feu de fortune qu’il allume à notre intention. C’est une « torche norvégienne » : un procédé de survie nordique, tel que le conçoivent, pour alerter et subsister, les rescapés isolés. On imagine, alors, qu’il ait consumé cette pièce de bois sauvegardée, après avoir abattu le seul arbre de l’île, ramassé le tronc rejeté sur la grève, ou débité le tronçon du dernier mât serti dans l’acier. La lueur et la chaleur ultimes de cette sculpture en devenir : c’est le réconfort qu’il nous offre, dans un rituel qui nous rapproche – celui d’après le naufrage – laissant une œuvre créée par le feu et son souffle, un signal final, noirci, dans les nuits de l’été qui s’avancent. Composée de phyllades et d’ardoises fragmentées, la pièce d’Hélène Juillet, intitulée Gris/Noir/Bleu, est l’akène d’une plante surdimensionnée : un fruit à une seule graine, indéhiscent et sec, dont la paroi se distingue de la graine elle-même. Il est clos, et sommeille – dans son enveloppe minérale, parmi les graminées protectrices. Ses protubérances pétrifiées sont un écho aux éclats de schiste qui couvrent le sol du jardin – éclats que les jardiniers nomment par analogie « pétales d’ardoises »… La seconde sculpture d’Hélène est une réminiscence d’un instant fugace, qu’elle a vécu au Québec cet hiver : « Début janvier, Montréal, au coin de la rue Ontario et de la rue Aylwin, vous êtes là. Recouvert de neige, sur un trottoir : un bac surmonté d’un banc (assemblé serait peut-être plus approprié). Une œuvre (pas sûr que ce soit le bon terme ?). À ta droite, la québécoise, de l’autre côté : le bric-à-brac. Ici. Ailleurs ». De retour en France, l’ailleurs s’est transformé en ici, et les saisons se succédant, le projet fait place à sa vision, lorsque sous le bloc de neige compacte qui lui faisait face, elle percevait, déjà la somme de deux volumes sculpturaux, dont la géométrie offrirait au printemps prometteur, les possibilités additionnées du banc et du bac à fleurs, propices à l’oisiveté des promeneurs et aux efflorescences conjuguées, géantes et éclatantes des soleils et des fleurs de potiron. Nøne Futbol Club est une entité malicieuse, dont l’hétéronyme paneuropéen séduit, par ses effets phoniques et frondeurs. Mêlant à l’anglais, le son du ø scandinave et au mot portugais futbol, la prononciation toute britannique du mot Club, le duo d’artistes « travaille et s’entraîne » depuis 2009, à Paris. Il affronte – dit-il – « systématiquement le système par la création de fictions dans des environnements définis », et crée des objets, des vidéos, des situations, qui nous rappellent que, selon Odysseus Elytis : « la jeunesse échappera à l’asservissement seulement si, subjuguée par celui qui détient l’autorité, elle l’est aussi par celui qui le combat ». L’utilisation dans leur « nom de guerre », du vocable None, évoque par certains points, le Nobody, ce Ουτις [Personne], proféré à Polyphème, par le héros aux mille tours. Ce qui d’emblée, nous remémore les ruses de l’intelligence de la Grèce homérique. Ici, le Nøne Futbol Club crée une pièce née du courroux de la jeunesse, qui d’Athènes à Madrid, de Tunis au Caire, élève la voix, de part et d’autre de la Mer intérieure, face aux outrances d’un système déréglé et d’une crise globale difficile à juguler. Keep warm burnout the rich [Chauffez-vous, brûlez les riches] reprend en effet un graffiti vu pendant les émeutes de 2008, à Athènes dans le quartier d’Exarcheia [Εξάρχεια], foyer de la contestation actuelle et pépinière de toutes les insurrections de la capitale grecque, depuis les années 1960. Avec toute la mètis du forgeron, et celle du typographe, les sculpteurs transcrivent en volume ce slogan anonyme, qui transformé en fer à marquer – cette tige de fer que l’on porte au rouge – « prolonge le geste du manifestant », et fait de la sculpture d’acier forgé, « un objet qui décrit sa propre fonction, un objet qui se fait parole performative ». Jessica Lajard excelle dans le détournement des canons traditionnels et des clichés contemporains. Elle se joue des codes de la sculpture et de ses rapports avec l’art des jardins et s’empare des caractéristiques académiques du vase décoratif et du piédestal, de bois ou de pierre (ce scabellon classique haut et étroit supportant l’urne, le vase ou le buste). Puis, elle le soumet aux mutations qu’imposent les matériaux composites utilisés pour le reproduire. Elle en reporte cependant fidèlement, la largeur de la tablette carrée, la hauteur de la plinthe, l’épaisseur du soubassement aux arêtes vives, afin que les dimensions de l’artifice soient parfaites. Et sur ce socle opaque de résine et de polystyrène, elle fixe la grande céramique modelée et émaillée avec habileté, dans l’atelier de Cap Saint-Ouen. C’est un éclaboussement de kitsch bleu, un Splash céruléen qui jaillit en triple corolles, couronnant le socle blanc d’une tache de couleur vive. Son intention, qui relève de l’imposture, est aussi transgressive, car entre le socle et la gerbe qui jaillit, elle supprime d’un geste radical le vase, et rompt ainsi avec le thème récurrent des canthares massifs taillés dans la pierre et des vasques à l’eau calme, où viennent se désaltérer les colombes, si communément repris par les artistes au fil des siècles, depuis l’œuvre antique de Sosos de Pergame, les reliefs sculptés de la renaissance, les micro-mosaïques du XVIIIe siècle. La démarche artistique de Taline Zabounian émane d’une réflexion sur les rapports entre peinture et architecture. À l’origine de ses préoccupations, on note son goût pour les surfaces pariétales et l’architecture arménienne du VIIe siècle, dont résulte une série de photographies de façades ornementées, sur lesquelles Taline intervenait en à-plats et en signes graphiques aux couleurs saturées. Dans le Jardin éphémère, elle s’est engagée, naturellement, dans un travail pictural, fondé sur une approche colorée du mur et son histoire. En peintre et en « archéologue irrespectueuse », elle parvient paradoxalement à révéler le passé du mur, tout en en couvrant partiellement les traces. Elle intègre, à ce « palimpseste urbain », le gris ciment des parpaings originels, surligne tout d’abord les joints qui unissent ces modules bruts, en assombrit ou en éclaircit la tonalité pour révéler les qualités graphiques du jointoiement interstitiel. Puis elle utilise chacune des couches picturales, fonctionnelles ou artistiques, qui en composent la mémoire. C’est ainsi, qu’elle s’approprie la géométrie des grands quadrilatères blancs (ses nouvelles toiles) et leurs séparations vierges : souvenirs des badigeons et des cloisons des boxes détruits du marché. Qu’elle intègre les graffitis et leur force visuelle subversive. Qu’elle altère, en la préservant parfois, la strate de barbotine qui imprégnait le mur l’an passé. Puis avec les rouleaux, qu’elle plonge dans un mélange d’acrylique et de glutolin, orange et jaune, elle amorce de larges mouvements, qui – dans les différents « temps » de la peinture – fixent les résultats de sa propre action : les détrempes dissonantes et fluorescentes, qui intitulées Projections, s’inscrivent maintenant dans l’histoire du mur de Saint-Ouen, dans l’inachèvement et le non finito pictural. La forêt que Tamim Sabri érige au bout du jardin, culmine face aux feuillées. Elle est composée d’un arbre unique. Il est haut, segmenté et ses essences sont aussi variées que les textures et les couleurs du bois, dont il scarifie l’écorce jusqu’à en évider le cœur. De profil, nous pouvons aisément nous glisser dans l’entaille verticale qu’il a créée. Nous immiscer dans la colonne d’air qui relie symboliquement la base au sommet, le nadir au zénith, le sol à l’azur. Percevoir les murmures de tout un peuple de feuillus, issu des espaces urbains de la région parisienne. Et, convaincus qu’il est possible encore, au sein même de l’agglomération, d’écouter la voix des pierres, des plantes et des animaux – sachant qu’ils puissent de nouveau, nous entendre. Nous n’hésiterons pas, afin qu’ils résonnent et s’amplifient entre les fûts éventrés de ce grand pilier, à prononcer dans une langue étrange, le nom et l’épithète de chacun des sujets de cette futaie méconnue : Ailanthus altissima, Acer negundo, Platanus acerifolia, Robinia pseudoacacia… Acacia. Les coups portés et la marque des gestes empruntés aux bûcherons, ne sont pas sur cet assemblage imparfait, les seuls signes évoquant l’Homme, convié au renouveau de ce dialogue intime. On distingue à mi-hauteur, dans la colonne elle-même, une autre marque : une jauge dont la surface mosaïquée de calcaire noir – ce dendrolithe fait de mains d’homme – suggère, également l’échelle humaine, celle du stylite oriental, du phyllomancien antique, du sculpteur et du lecteur des Chroniques des branches… Götz Arndt et Fabrice Vannier ———————- Accès par le 11 rue Jules-Vallès et par la rue Paul Bert. Saint-Ouen (93400)

    Dates 28/05/2011 - 02/10/2011
    Domaine sculpture
    Période XXIe siècle
    Site officiel Ecole nationale supérieure des Beaux-Arts (ENSBA)
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