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David Hominal (Ou la vaine gloire de peindre)

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David Hominal (Ou la vaine gloire de peindre)

Vue de l’exposition, L’Almanach 14, (2014) au Consortium

David Hominal (Ou la vaine gloire de peindre)

Stéphanie Moisdon

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    Reprenons à notre compte, et à notre manière, l’antique argument de Simonide de Céos, cité par Plutarque, selon lequel la poésie serait une peinture parlante et la peinture une poésie muette. Ou encore les mots de Marcel Broodthaers : « Qu’est-ce que la peinture ? Eh bien, c’est la littérature. Qu’est-ce que la littérature alors ? Eh bien, c’est la peinture ».

    Prenons pour acquis que nous aurions dépassé la question de la peinture : ce qu’elle est, ce qu’elle vaut, ce qu’elle promet. Admettons aussi que nous devons maintenant nous confronter à des formes d’art qui ne sont plus bordées par les limites du style, de la technique, des mouvements, où la peinture tient pourtant toujours son rang, au même titre que d’autres formes. Et que le chaos, ce tumulte des lignes que l’abstraction tentait de contenir, est ici, plus que jamais, la condition de l’art, de son aventure.

    L’œuvre de David Hominal se tient au beau milieu de ce tumulte contemporain, ne révèle ni ne dissimule aucune partie cachée. Elle se tient là, dans toute la crudité de son apparence. Pas de second degré, de faux plancher, d’illusion ou de tromperie. Sa peinture n’exprime que ce qu’elle offre à voir, mettant en déroute les entreprises aussi lassantes que nombreuses d’éclaircissement et de dévoilement.

    D’autres avant lui, exaltés, maniaques ou ironiques, se sont chargés d’un travail de sape ou de deuil : enterrer la mélancolie, en finir avec les idéologies, avec la production industrielle, diagnostiquer la mort de l’auteur, décapiter les héros. Une fois finie cette envie d’en finir, il reste à une nouvelle génération d’artistes à se poser la question de ce qui est encore possible, ce que « nous » voulons, ce que nous pouvons encore faire, sans préjuger du passé et encore moins du présent.

    Il reste à l’artiste d’aujourd’hui, même et surtout quand il se juge inactuel, à instaurer un code pictural. C’est-à-dire un code interne à la peinture, idéalement binaire. C’est là que se situe l’évidence des dernières séries de peintures de David Hominal, qui rejoint le programme de Piet Mondrian : l’horizontal et le vertical, et c’est tout.

    À savoir, que le tableau cesse d’avoir l’air de représenter quelque chose, parce que sa tâche est tout à fait autre : opérer une division de sa propre surface. D’où les croix, les rectangles, les lignes, les divisions obliques. Un code pictural qui ne serait pas la simple application d’un système géométrique, mais qui opère lui-même une division de sa propre surface en rapport avec la division architecturale, avec celle de chaque mur, de chaque fenêtre, quand le tableau n’appartient plus qu’au mur, qu’à la fenêtre.

    Et c’était bien là l’idée de Mondrian : une peinture qui trouve sa raison d’être dans la mesure, qui ne conjure pas le chaos mais l’affronte au plus près, pour en faire surgir une espèce d’ordre moderne possible. Pour y percevoir une vie intérieure devenue vide, et être au plus près du tumulte matériel et moléculaire, se donnant une chance de saisir le germe et le rythme, un ordre moderne qui serait un code de la vie.

    Dates 19/11/2016 - 19/02/2017
    Domaine peinture
    Site officiel Le Consortium
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