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Instantané (92)

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Instantané (92)

Yoan Sorin, Sunset, 2016, 20x30 cm. Feuille caoutchouc mousse et pastel à l\'huile

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Yoan Sorin

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    La pratique de Yoan Sorin se décline selon des mythologies qu’il actualise à mesure de dessins et d’installations, de peintures ou de performances. A la manière du journal de bord et de ses multiples carnets de dessins qu’il remplit comme il égraine et exerce son regard caustique et parfois acide, Yoan Sorin conjugue la prise de note et la confection proliférante d’objets qui se présentent comme autant de rébus ou d’aphorismes, lieux de collusions des représentations.

    L’artiste, qui intitula une de ses premières expositions Just do it, brasse et mixe les textures selon la logique de l’assemblage éclaté et baroque, faite de collages et d’effets miroir, avec en guise de toile de fond, les références à l’histoire afro américaine, le hip hop, le branding, le street wear, l’histoire de l’art ou celui du sport. Entre art brut et esthétique de la statuaire ou de la pacotille, les œuvres de Yoan Sorin entretiennent un rapport nomade à l’objet domestique et l’ornement en racontant perspectives composites, aplats chromatiques, tissus exotiques et textures fluos.

    Chez Yoan Sorin, si la figure récurrente de l’île et de l’archipel rappelle le motif caraïbéen fantasmé et la pensée du fragment du même nom, l’épars et le divers renvoient aussi à l’idée de discontinuité revendiquée et lacunaire des citations comme des supports. A travers l’analogie entre l’écran, la toile et la page, l’artiste investit tous ces espaces de façon prolixe, à la façon de surfaces de projection à l’heure d’Internet, d’Instagram et de Tumblr. Derrière l’hybridation comme geste généralisée et le primitivisme des factures, Yoan Sorin questionne l’idée continuelle de retranscrire ici et ailleurs, là-bas et maintenant.

    Helter Skelter (Une copie sans modèle), titre de son exposition au Frac des Pays de la Loire est un emprunt à un morceau du fameux White Album des Beatles, symbole de la contre culture de la fin des sixties. Désignant dans le même temps la forme du toboggan ou du manège, l’expression helter skelter qui peut se traduire littéralement par « pêle-mêle », « à l’arrache » ou « de manière confuse et insouciante », prend une résonance plastique dans ce contexte. Si ce terme fut longtemps associé à la série de meurtres commis par Charles Manson et sa Family d’après une interprétation millénariste et délirante des paroles de la chanson concernant une guerre raciale à venir, il revêt ici une origine double puisque cette signature trouvée sur une des scènes de crime fait aussi référence pour Yoan Sorin à un groupe de rap américain des années 90 Heltah Skeltah. Jeu emblématique et allégorique dans un balancement fantôme entre le noir et le blanc, à l’image de cet amalgame entre la culture white trash et le rap us, le paysage d’Helter Skelter et son sous-titre évocateur, Une copie sans modèle, proposent un prisme destructuré des sources et des matières, des identités et des points de vue. Comme une clé de lecture aux oeuvres qu’il présente dans la salle Mario Toran du Frac des Pays de la Loire, Yoan Sorin livre au visiteur un récit à la manière de la carte postale, marque d’un rapport cosmopolite au monde qui se dessinerait entre la trame historique et des contours biographiques : lesquelles n’auraient de cesse de se mélanger entre eux. Comme le mouvement d’un pinceau à partir d’une couleur.

    Dates 02/11/2016 - 30/12/2016
    Site officiel FRAC des Pays de la Loire
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