L’œuvre d’Annette Messager entremêle volontiers fantasme et fantastique, humour, cruauté et tendresse. Le féminisme est un thème central dans son travail qui détricote l’image de la femme renvoyée par la société, les médias ou même l’art. L’intime est son autre préoccupation principale. Ses collections d’images raturées, déchiquetées, tachées d’encre et ses accumulations de peluches « dépecées » évoquent tantôt le rituel vaudou, tantôt l’exorcisme. Inscrite aux Arts Décoratifs, Annette Messager ne termine pas ses études et commence sa carrière en autodidacte à la fin des années 1960. Elle montre ses œuvres pour la première fois en 1972 à la galerie Germain, à l’occasion d’une exposition collective consacrée à l’usage de la laine dans l’art. Elle conçoit à cette occasion une installation composée de moineaux empaillés emmaillotés dans du tricot. Deux ans plus tard, le musée d’Art moderne de la Ville de Paris lui consacre une première monographie. Dans les années 1980, elle se met à disséquer des photographies de corps pour les assembler en effigies de monstres menaçants. Annette Messager a représenté la France à la Biennale de Venise en 2005 et a reçu à cette occasion un Lion d’Or pour l’ensemble de son œuvre.
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