Mark Rothko refusait les étiquettes qu’on tentait de lui apposer, y compris celle de « peintre abstrait ». Pour lui, ses toiles représentaient des émotions. Ses œuvres les plus emblématiques se composent d’aplats rectangulaires vivement colorés qui semblent flotter sur la surface de la toile. Sa démarche esthétique défend une liberté artistique absolue. Né Marcus Rothkowitz, Rothko reçoit dès son plus jeune âge une éducation de qualité. Son enfance est marquée par l’antisémitisme ambiant de la Russie impériale. En 1913, il émigre aux États-Unis avec sa famille pour rejoindre son père installé à Portland (Orégon). Il s’installe à New York en 1925, après avoir abandonné ses études à Yale (il sera diplômé, à titre honorifique 46 ans plus tard). Rothko reçoit son unique enseignement artistique en suivant le cours de dessin de Max Weber. Dans les années 1930, la Grande Dépression le pousse à s’engager politiquement. Sa peinture à l’époque est très influencée par l’expressionisme. C’est en lisant La Naissance de la Tragédie de Nietzsche, en 1939, qu’il se désintéresse de la figuration. À la fin des années 1940, Rothko élabore le style qui le rendra célèbre. Il cherche à immerger le spectateur dans la couleur et la matière picturale. Le critique d’art Clement Greenberg s’inspire de son œuvre pour définir le mouvement Color Field (qui regroupe aussi Clyfford Still et Barnett Newman). En 1943, il traverse une longue période de dépression. Le succès qu’il rencontre dans les années 1950 ne lui apporte qu’une satisfaction mitigée. Vers la fin de sa vie, ses compositions se font de plus en plus sombres. En 1968, on lui diagnostique un anévrisme qu’il refuse de soigner. Mark Rothko se donne la mort à l’âge de 66 ans.
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