Daniel Buren développe, dès le milieu des années 1960, une peinture radicale qui joue à la fois sur l’économie des moyens mis en œuvre et sur les rapports entre le fond (le support) et la forme (la peinture).
En 1965, alors qu’il peint des tableaux qui mêlent formes arrondies et bandes de tailles et de couleurs diverses, il choisit d’utiliser un tissu industriel à bandes verticales alternées, blanches et colorées, d’une largeur de 8,7 cm. Partant des possibilités multiples offertes par ce support, il mène une réflexion sur la peinture, sur ses modes de présentation et, plus largement, sur l’environnement physique et social dans lequel l’artiste intervient.
Les bandes alternées, qu’il nommera « outil visuel », lui permettent notamment de révéler les particularités signifiantes du lieu dans lequel il travaille, les déployant au sein de dispositifs spécifiques et parfois complexes, entre peinture, sculpture et architecture.
Ses interventions in situ jouent sur les points de vue, les espaces, les couleurs, la lumière, le mouvement, l’environnement, la découpe ou la projection, assumant leur pouvoir décoratif ou transformant radicalement les lieux.
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